Édito (jeudi 5 avril 2012)
Augmentation du Numerus Clausus :
Oui ... mais pas au détriment de la qualité de notre formation !

Le nombre d’étudiants autorisés à passer en seconde année de médecine a été arrêté le 16 Mars dernier par une parution au Journal Officiel. Ainsi, cette année, 300 étudiants supplémentaires seront formés dans les UFR de médecine de France.

L’ANEMF, aux côtés de la Conférence des doyens avait pourtant signifié aux Ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur que les capacités de formation théoriques des étudiants, sur les bancs de la faculté aussi bien que les capacités de formation en stage au sein des CHU étaient saturées. L’augmentation du numerus clausus oui … mais pas au détriment de la qualité de notre formation !

Le NC a été augmenté uniformément sur le territoire métropolitain, et n’a été pensé ni en fonction des capacités de formation, ni en fonction des déserts médicaux. Dès lors, il n’y a pas de réelle politique de santé publique ni même pédagogique derrière cette volonté électoraliste. D’ailleurs, comment expliquer autrement une parution aussi tardive, deux mois seulement avant un concours aussi déterminant que celui de la PACES ? Pour exemple, en ignorant ces considérations, nos ministères de tutelle ont augmenté de 10 places le numerus clausus de l’île de la Réunion. Cette UFR, constituée matériellement de préfabriqués dont une seule salle de cours, qui ne dispose pas de bibliothèque universitaire est censée accueillir à la rentrée prochaine un total de 152 étudiants ! Former plus de médecins sans s’assurer de la qualité de leur formation, drôle de politique !

Le rapport de l’Observatoire National de la Démographie des Professions de Santé à ce sujet précise d’ailleurs que les médecins sont en nombre suffisant mais qu’ils sont mal répartis sur le territoire français. La Cour des Comptes arrive à la même conclusion !

Pour résoudre cette problématique l’ANEMF se veut force de propositions et innovatrice. :

  • La médecine générale doit être plus attractive et ce, dès nos études. Le stage dans cette spécialité, obligatoire depuis 15 ans, doit être accessible à tout étudiant !
  • L’installation en libéral n’est pas aisée. La communication autour des aides à l’installation doit être améliorée, notamment via une optimisation de la PAPS.
  • Nous sommes en faveur d’un transfert des compétences entre professionnel de santé afin d’assurer une meilleure coordination des soins aux patients.

Une refonte de l’exercice médical ne peut se penser sans une réforme de la formation initiale des futurs médecins et des futurs professionnels de santé. Nous devons travailler de pair, professions médicales et paramédicales, étudiants et diplômés, Ministères et organisations représentatives avec l’ambition commune de résoudre intelligemment la problématique d’accès aux soins qui touche aujourd’hui le territoire français.

Le Bureau de l'ANEMF



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Actualité Relations Internationales

le 2 avril 2011 à 12h35

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